LES ENJEUX FINANCIERS

Les collectivités ont à supporter un certain nombre de charges dont les dépenses de fonctionnement, d’équipement et d’investissement. Elles bénéficient en conséquence de prestations financières sous forme de collecte d’impôts et de taxes, devant leur fournir des ressources conséquentes pour supporter les différentes charges. Si l’on se réfère aux communes existantes, elles n’ont jamais pu faire face aux charges qui leur incombaient. Le niveau de recouvrement des taxes est demeuré très bas dans l’ensemble. De même, sous l’effet de la déconcentration instaurée par la deuxième république les taxes de développement régional et local qui devaient servir à la rétribution du personnel contractuel ne rentraient presque jamais, et certains travailleurs (matrone, aide soignant, agent de la coopération) pouvait rester plusieurs mois sans salaire. Ceci est dû à deux causes essentielles. Au Mali, l’impôt instauré depuis la période précoloniale revêtait pour les populations une consonance négative (ni sanga : prix de la vie, ou di sanga : prix de l’hydromel), il symbolisait l’allégeance forcée à un pouvoir étranger. Sous le régime colonial, l’impôt en numéraire se substitua à l’impôt en nature, sa perception s’effectua par la coercition et il en fut de même sous les Ie et IIe républiques. La troisième république procéda à la suppression de l’impôt per capita, mais maintint la perception des taxes. La population mal informée, fit un amalgame entre les deux et en proie à l’incivisme crut devoir se soustraire à tout paiement de quelque nature que ce soit ! Ceci entraîna la vive réaction de l’administration. La décentralisation parviendra t elle à transformer les mauvais payeurs d’hier en bon contribuables de demain ? D’autre part existe un problème de poids concernant le manque de statistiques sur la matière imposable et les biens de la communes qui doivent être identifiés par rapport à ceux de l’Etat.

Le transfert des compétences et des ressources se fera progressivement aux communes suivant des critères déterminés, mais personne n’est en mesure d’affirmer actuellement ce que l’Etat devra transférer exactement et à qui en premier. Ce qui effraie, c’est l’ampleur de la tâche et les capacités financières limitées de l’Etat lui même. Il est donc à craindre que les communes n’auront pas le même degré de développement, parce que ne disposant pas des mêmes capacités financières 7.
Les ressources humaines
Autant la gestion des ressources financières demeure problématique, autant celle des ressources humaines reste entière. En effet, même l’Etat manque de personnel qualifié dans des domaines clefs tels que l’éducation, la santé, etc. et il doit fournir aux collectivités décentralisées à travers ses structures déconcentrées un appui conseil et des prestations techniques. Les communes ne disposant pas de personnel qualifié, elles devront procéder à sa formation et en assumer les charges financières récurrentes.

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